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Le rogaton de la vie-promenade

La vie-promenade

 

 

Je suis parti d’ici, j’ai fait un premier pas, un autre et puis un autre, nez au vent, parlant bas, et chaque jour passa me menant chaque fois un peu plus loin le soir que j’étais au matin.

Je regardais les paysages, conversais avec les gens rencontrés, et du matin au soir rien n’était vu changé. Les gens semblaient les mêmes, l’horizon montait ou plongeait, mais d’une façon si douce qu’il aurait fallu écrire des notes et des notes pour les relire plus tard et se rendre compte au bout d’un mois ou d’un an que j’avais finalement bougé.

La mémoire ne jouait pas car chaque endroit vécu accaparait la pensée des choses rencontrées.

Pluie, vent, soleil, neige parfois accéléraient ou ralentissaient le pas, mais, lentement ou vite, j’allais.

Et les gens que je voyais s’étaient habitués à ne pas bouger, scellés sur place par des liens d’hérédité pour lutter contre la peur ancestrale d’aller voir ce qui se passe derrière le rocher protecteur où ils étaient nés et où ils dînaient, parlaient du monde imaginé et se rassérénaient en disant tous que l’endroit où ils vivaient était le meilleur pour eux.

En voyageant lentement on n’a pas l’impression de changer d’endroit et on s’aperçoit alors que c’est partout pareil, que les gens sont les mêmes, quoi qu’ils vivent, de quelque façon qu’ils s’habillent, quoi qu’ils pensent et à quoi ils croient. C’est partout pareil et mon voisin est comme moi, il respire le même vent, frémit du même froid, sue de la même chaleur, voit les mêmes choses, subit les mêmes saisons. Quand je voyage au pas, le voisin change tout en restant le même ; de voisin en voisin on est partout semblables.

Les frontières ne servent qu’à ne plus vouloir bouger ou ne plus pouvoir le faire si l’envie nous en prend.

La Terre est aussi ronde que les jours et le création de peuples ou de religions différents ne sert que d’artifice à qui se prend pour grand.

Homme qui ne fait confiance qu’à ceux qui te ressemblent, regarde la rondeur de la Nature !

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Si elle était comme tu la pressens la Terre serait un cube, six faces pour six églises, six peuples, six trompettes, chacune ou chacun attendant une septième trompette qui, en sonnant, révélerait l’Apocalypse, c’est-à-dire la révélation que ce cube est une sphère.

 

Et dans l’Histoire les plus faiblards sont les politiques, tous possesseurs d’une intransigeance de pacotille. Ils ralentissent l’évolution et affirment être seuls à avoir raison. Ils ont la partie belle à rallier vers eux les faibles d’esprit incapables de penser par eux-mêmes.

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Il leur suffit de parler clair et net. Pas plus. Alors la foule se rassemble en se joignant les coudes, en se serrant ainsi que chôment les brebis sur l’heure de midi, tête basse, toison contre toison pour que l’air brûlant se réverbère au maximum. Mille brebis forment un troupeau allant dans le même sens, mille hommes n’ont qu’une parole émise sans réflexion.

Restons unis, marchons donc seuls !

 

Point n’est besoin de s’aimer les uns les autres pour ne pas se détester. 

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