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  • Un rogaton de pensées urbanisées

     

    Ville.png

    La ville est le réceptacle de la misère humaine

    (Solon)

     

    Ville, excroissance orgueilleuse,

    Vile ex-croissance orgueilleuse

    Qui rend l'homme servile,

    Homme des villes débile.

    Il l'a créée pour préserver sa chair, ses os,

    Puis l'a rendue dangereuse, partout invivable.

    Derrière des murs fermés de curieux balanos

    Les esprits fermentant l'ont rendue exécrable.

    De nuit, elle est dangereuse,

    De jour elle est peureuse

    Mais toujours frileuse,

    Toujours repaire des gueuses.

    La ville fut faite pour le piéton mais s'en est faite l'ennemie

    Quand se mouvant le nez au vent il n'y respire que du gris.

    Lorsque penché dans ses pensées il s'arrête subitement

    Pour réfléchir sur une idée qui lui vient brusquement

    Ou admirer une construction bizarre, inhabitée,

    Il se fait klaxonner, injurier, renverser.

    En ville il faut bouger,

    Sans cesse remuer,

    Préserver son anonymat

    En accélérant le pas,

    Ne pas croiser le regard du prochain,

    Ni souhaiter lui serrer la main.

    La ville n'est plus faite pour l'homme, c'est le repaire des animaux,

    Un antre de bruit et de fureur, créateur de bien des maux.

    On ne sait plus y vivre, de pauvres hères y survivent,

    L'esprit sans cesse sur le qui-vive, qu'un frôlement avive.

    Autos, camions, motos, cuirasses des déplacements,

    L'homme voit sa raison abolie dans ces armures de combattant.

    Foncer, foncer, foncer, ignorer le voisin,

    Mais bon sang qu'ils sont bêtes tous ces citadins !

    Je le fus physiquement, alors j'ai vite fui,

    J'y suis né étranger et me gagnait l'ennui,

    L'ennui d'être incompris et n'en comprendre aucun,

    À quoi bon essayer, on passe pour un faquin.

    En évoquant la ville on se sent malheureux

    Et les vers qui en parlent se retrouvent boiteux,

    Les rimes balbutiantes et les pieds malhabiles,

     

    Tout cela dû au fait qu'elle sécrète l'atrabile.