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  • Un rogaton de Nouvelle-France

     

    Alors j’ai été au Canada, et en allant au Québec j’ai appris, dans l’ordre chronologique :

     

     

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    Pourquoi « Les trois Stooges » étaient souvent cités en référence en tant que parangon de la débilité, mais que certains riaient aux éclats de leurs mésaventures.

     

    Ce que signifie vraiment « climat continental humide » quand, en débarquant fin août à Montréal la valise remplie de polaires – et pas un seul short – alors que l’horloge interne nous indique qu’il est minuit, la température est de 32 °C et l’humidex dépasse les quarante.

     

    Il ne faut jamais se servir du pied gauche quand on utilise pour la première fois une voiture munie d’une boîte automatique.

     

    L’absence de priorité à droite rend automatiquement les conducteurs plus courtois, car plus responsables de leurs actes.

     

    Tous les magasins sont ouverts le dimanche, dans lesquels on trouve de gigantesques machines à laver munies de hublots dignes d’un Jules Verne et des réfrigérateurs qui sont de taille à satisfaire toute une famille, c’est-à-dire que la famille entière pourrait y loger.

     

    Les villes sont remplies de panneaux d’un temps si révolu qu’il semble appartenir à une autre génération en annonçant qu’on « recherche une vendeuse ».

     

    L’hiver y est vraiment la plus importante des hautes saisons, au point de ne pas avoir le temps de retirer les annonces publicitaires pour la vente ou la location des motoneiges.

     

    Les dépanneurs s’occupent de tout sauf d’automobiles et les « Couche-tard » sont comme l’emblème d’une société débrouillarde.

     

    Les contrôles policiers des usagers de la route ont trente ans de retard.

     

    Aux abords des grands ponts, quand la lumière rouge clignote, tous les camions doivent se faire peser.

     

    Les voitures immatriculées au Québec sont vêtues d’un monokini.

     

    Il est impossible au début de ne pas passer pour un radin au restaurant quand on ne sait pas qu’il faut rajouter à la somme inscrite sur le ticket non seulement la taxe provinciale et la taxe nationale mais également le service, qui constitue l’essentiel du salaire des serveuses, ceci n’incluant pas le tip, le pourboire, qu’il est bon d’ajouter à discrétion. En multipliant la somme hors taxe par deux on n’est pas loin du compte.

     

    Il faut souvent prendre un ticket d’ordre au distributeur quand on attend dans une banque ou une administration, alors forcément il arrive que par automatisme, en appuyant sur le bouton d’une machine, au lieu de recevoir un ticket c’est un jet de désinfectant que recueille la paume de la main.

     

    Les villas des banlieues rivalisent d’ornementations et de couleurs, n’ayant comme limite que l’imagination des architectes et des maîtres d’œuvre en faisant ressembler l’ensemble à quelque maquette d’un magasin d’accessoires pour train électrique.

     

    On ne paye pas en espèces, mais en argent et les prospectus publicitaires sont nommés circulaires.

     

    Le stationnement dans les villes, payable à certaines heures, interdit à d’autres, très variables selon les villes, les jours et les mois est un imbroglio dont les Québécois eux-mêmes ont du mal à se sortir. Quand c’est gratuit c’est très louche, on se sent mal à l’aise.

     

    Nul besoin d’apposer des panneaux pour interdire l’accès hors des sentiers balisés dans les réserves naturelles, la forêt est absolument impénétrable ; à moins de tracer la voie à la tronçonneuse on voudrait musarder qu’on ne pourrait pas.

     

    Il semble impossible de prendre une photographie panoramique d’un paysage sans que l’un ou l’autre lac n’étire une de ses pointes dans un des coins de l’image.

     

    Aucun autre mets ne mérite mieux le sobriquet d’étouffe-chrétien que la poutine, plat national qui tient au corps.

     

    La vitesse est limitée à cent sur les autoroutes (gratuites) mais tout le monde roule à cent-dix, même les énormes camping-cars tirant derrière eux non pas des vélos mais de vraies voitures.

     

    Les indications de directions aux embranchements sont annoncées au dernier moment ; il faut le savoir sinon on pense trop tard à tourner. Le mieux c’est de savoir où tourner avant d’avoir à se renseigner. Quand on sait où on va et le trajet pour ce faire, pas de problème, autrement on s’égare.

     

    Le portage des canoës d’un lac à un autre se fait toujours selon l’ancienne méthode, renversé et coiffant la tête ; Lorsqu’un seul le porte il voit encore  un peu ses pieds mais quand deux personnes s’attellent à cette tâche celui qui se trouve devant, la vue complètement occultée par la paroi du canoë, heurte immanquablement les arbres bordant les sentiers étroits et cela semble participer de l’amusement de cette activité.

     

    La gare ferroviaire de la ville de Québec est une cathédrale.

     

    Le silence aux lumières (feux rouges) est étonnant. Toutes les voitures étant automatiques nulle ne vrombit au démarrage.

     

    Il y a autant de Jean Coutu que de Mac Donald’s et il y aurait autant d’ours que d’Indiens.

     

    En quête d’une histoire qu’ils ne possèdent pas les Québécois se raccrochent à la croix de Jacques Cartier plantée à la pointe de l’île Quentin, c’est-à-dire à l’endroit décrit par un manuscrit qui n’existe plus sur une terre qui a disparu, ayant sombré dans le Saint-Laurent en emportant cette croix. Ils ont aussi créé Bicolline pour célébrer une vie médiévale qui n’a jamais existé ici.

     

    Même si certaines syllabes sont avalées c’est un français très pur qui se parle ici. La liste des mots qui paraissent amusants parce qu’ils ne sont pas dits de la même façon qu’en France est très longue, mais le signifiant est presque toujours à l’avantage des Québécois.

     

    C’est peut-être le seul endroit au monde où se découvrent des Américains gauches et balbutiants tentant de se faire comprendre, toute morgue bue. Et bon sang qu’est-ce que ça fait plaisir à voir !

     

     

     

     

    J’ai été au Canada et j’y retournerais bien volontiers.

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